mar 19
Manipulation et politique
icon1 Peter Moutarde | icon2 France | icon4 19.03.2008| icon39 Commentaires »

Ce qui est triste de nos jours, bien que cela soit de vigueur depuis des lustres, est de voir les hommes politiques user de stratagèmes pour accèder au pouvoir et à ses privilèges. Ces méthodes, devenues malheureusement banales, prouvent par elles-même combien l’intérêt général, de la nation et du peuple, est secondaire à leurs yeux. 

L’homme politique intègre et désireux d’agir dans l’intérêt de tous n’userait pas de langue de bois, de non-dit et autres manipulations perfides pour remporter des élections. Au contraire, il ferait en sorte de convaincre les électeurs que son programme est solide, fiable, et constructif. Sa campagne aurait des airs de formation citoyenne.

En bon exemple, je citerais sur un point précis, Denis Baupin, candidat vert à Paris pour les dernières municipales, qui, en dévoilant son projet de faire payer le périphérique et les autoroutes franciliennes pour financer les transports collectifs, a perdu beaucoup d’électeurs potentiels et fait grincer des dents. Mais peu importe, Denis Baupin n’a pas renié son projet, n’a pas joué la langue de bois pour ratisser un large électorat, il a été honnête et a défendu son projet. Il a fini 3ème au premier tour avec 9.47%, ce qui est très satisfaisant pour une campagne qui ne brosse pas l’électeur de base dans le sens du poil.

Mais habituellement, force est de constater que le politicien préfère la facilité et la médiocrité à la défense d’un programme fiable et sincère. Et peu importe si cela n’est pas très démocratique, voire illégal.

1/ Accuser la partie adverse de milles maux
On l’accuse d’être incompétente, on l’accuse de manipuler l’opinion et on lui invente un passé politique ou personnel peu ragoûtant. On trouve même de fausses preuves. Récemment, pendant la campagne municipale de Besançon, le candidat du Modem montrait fièrement sur son blog la photo d’un panneau où les affiches éléctorales étaient légions avec un petit tas d’affiches arrachées gisant par terre. Il accusait les verts du méfait alors qu’il n’y avait rien de probant, aucune preuve tangible, si ce n’est qu’une interprétation haute en couleur. Cet exemple est ridiculement gentil à côté d’autres inventions ignobles sorti du chapeau ou des discours comme “Le PS est clairement du côtés des assassins” de Nadine Morano ou “la gauche s’en prend à moi parce que je suis noire” de Rama Yade.

2/ Brosser l’opinion dans le sens du poil.
- Est ce que vous allez faire quelque chose pour augmenter nos retraites ? Réponse : Oui, bien sûr, je vais vous augmenter vos retraites ! sachez que j’aime les séniors !”. Même si cela ne correspond ni à son programme, ni à son éthique, l’homme politique promet toujours tout et n’importe quoi, pourvu que l’électeur ciblé le crois. Citons Nicolas Sarkozy qui promettait en pleine campagne présidentielle 25% d’augmentation de la AAH (Allocation Adulte Handicapé) à raison de 5% par an, et qui ne revalorise plus qu’à 1,1% (alors que l’inflation est de 2.8%) et qui rajoute à cela les franchises médicales dont les premiers à en subir les conséquences sont justement les handicapés. Donc voilà, en gros, Sarkozy ment impunément sans aucune conséquences. Au pire, aux prochaines élections, si les gens n’oublient pas, il ne se fera pas réélire. Malheureusement, pendant ce temps là des gens souffrent réellement au quotidien de situation désastreuse, il n’est vraiment pas bon de devenir handicapé en sarkozie. Les promesses électorales ne sont pas un jeu à prendre à la légère.

3/ Manipulations lourdes et illégales
Le frère d’un colistier de Jean-Paul Alduy, candidat UMP à Perpignan, cache des bulletins de vote dans ses chaussettes pour remplacer les piles existantes, Serge Dassault, candidat UMP réélu (sic) arrose, selon le canard enchaîné, les électeurs de quelques enveloppes, expluse violemment d’une réunion publique une journaliste qui ne pose pas les bonnes questions,  et les Tibéris récemment réélus (sic) trainent leur électeurs fantômes en correctionnelle.

Faisons fi des électeurs qui dans leur ignorance sont faciles à convaincre et à manipuler. D’ailleurs, la citation de Voltaire “Plus les hommes seront éclairés, plus ils seront libres” a ici tout son sens car c’est bien la réfléxion individuelle que les sombres manipulations politiques éclipse, et malheureusement le peuple crédule ne prends pas le temps de se renseigner plus que cela sur ses candidats et leur programme.

Il faudrait alors plus de rigueur et d’encadrement vis à vis de ceux qui sont censé être les exemples responsables et respectables de la nation. Il faudrait par exemple, réglementer, surveiller et vérifier la tenue des promesses sous peine d’amendes et autres désagréments. Le problème est que ce sont les mêmes qui usent de ces manoeuvres pour accéder au pouvoir et qui créent les lois. C’est bien dommage pour l’intégrité de la démocratie, ou du moins ce qu’il en reste.

fév 26

Loi sur la rétention de sureté, second épisode (voir le 1er épisode), a été publiée aujourd’hui même au journal officiel.

Selon un sondage (du figaro, méfions-nous quand même) 80% de français sont  favorables à cette loi anti-constitutionnelle et inutile, et Sarkozy, suite à la décision des sages de retirer la partie rétroactive de la loi, se pose la question, lors de l’entretien avec les lecteurs du “Parisien”, de savoir ce qu’il pourrait dire à une femme dont la fille se fait violer juste parce que le criminel était en prison quelques jours avant la promulgation de la loi.

Si nous allons dans son sens, que fait-il des personnes “dangereuses” condamnées à des peines de seulement 14 ans ou 13 ans ? (la loi de retention est prévu pour les condamnés de 15 ans et plus).
Il ne manque plus qu’un fait divers pour que cette loi s’applique à des peines moins longues, puis encore quelques affaires tordues et on appliquera la retention à ceux qui ne prennent qu’un mois ferme.

Imaginons :
Un type prends un mois ferme parce qu’il a crié à Sarkozy : «Retourne en Chine, espèce de Hongrois !» Ce qui s’est réellement  passé en 2004 au forum des halles.
A sa sortie de prison, imaginons que cette personne égorge et viole une demi-douzaine de gamins…. (là, rien de tel n’est arrivé heureusement).
Que fera Sarkozy pour rassurer l’opinion publique ? Il fera en sorte que la loi s’applique à tous les condamnés (sauf les cols blancs bien sûr…) peu importe la durée de la peine ou du délit ?

Alors lorsque Nadine Morano nous dit qu’on pourrait envisager de réviser la constitution pour permettre dans certains cas la rétroactivité… nous disons “stop”. Toucher à la constitution pour une loi qui ne sert à rien sauf à rassurer tous les français et surtout pour faire plaisir à un président qui se prend pour Dieu tout puissant, cela devient du délire.