Passons sur la bonne odeur de pot d’échappement qui se dégage des sponsors de luxe et autres qui s’entremêlent pour former le titre « Home ». Ecœurante et incongrue publicité. Passons aussi sur les relents de plastiques brulés que dégage le logo de la boite de production de Luc Besson, pro-chevalier de la loi HADOPI, qui aime intenter des procès aux journalistes qui critiquent négativement ces films, et qui fut condamné en 2001 pour ne pas avoir respecté la loi sur le littoral.
Intéressons-nous de plus prêt au film en lui-même.
Dès les premières secondes du film, ceux qui ne découvrent pas l’écologie un 5 juin 2009, se prennent 300 g de Co² dans chaque narine : « Home » a un fort air de déjà-vu avec d’autres films du même ordre.
Si les premières images et le discours nous rappellent « Un jour sur Terre », film récent de 2008, c’est bien plus la trilogie qatsi de Godfrey Reggio et Philip Glass qui nous vient tout de suite à l’esprit. D’ailleurs, certains passages de « HOME » sont carrément des copiés-collés, musicalement et visuellement parlant, de « Koyaanisqatsi », le premier film de la trilogie qatsi.
Sans toutefois arriver à la patte dépourvu de mazout de ce dernier bien entendu.
Car là où la trilogie choc, crée dans les années 70-80, laissait intelligemment le spectateur interpréter les images soutenues uniquement par la musique expressive de Phillip Glass, le film « Home » nous pollue d’un discours pédagogique infantilisant et continu.
On ne ressort pas des deux visionnages de la même manière.
L’un amène à réfléchir profondément et nous marque indélébilement, l’autre à voter écologiste 2 jours plus tard pour se donner bonne conscience.
Si le but de « Home » est noble, il est frustrant de voir qu’un film visionnaire et similaire a été réalisé il y 30 ans, et que l’impact, sur les élections entre autres, du film de Yann Arthus-Bertrand n’est dû qu’à un effet de masse télévisuelle plus qu’à une réel prise de conscience. Si les français avaient vraiment écouté ceux qui crient au loup depuis des années, cela ferait longtemps que la France aurait un gouvernement écologiste
Bref, la diffusion de « Koyaanisqatsi », film introuvable en France, avec la même campagne marketing aurait été plus honorable et plus impactante.
D’ailleurs je cours le revoir.
Vite une bouffée d’air frais indépendante !
