juin 22

Il y a deux ans, j’ai confié mes coordonnées bancaires à l’une de mes connaissances. Il m’a dit qu’il savait gérer un portefeuille, qu’il pouvait faire fructifier mon argent et je l‘ai cru . Je lui faisais entièrement confiance, c’est quelqu’un de très bien placé, quelqu’un d’honnête à première vue. Son premier geste fut de vider complètement mon compte bancaire pour donner tout mon argent à de riches amis à lui. Il m’a expliqué que c’était un investissement sûr, que je devais être patient, que le retour sur investissement serait pour bientôt, et qu‘en plus, il serait conséquent.

Alors, malgré les critiques de certains, je ne m‘inquiétais nullement lorsqu’il utilisait mon compte bancaire pour faire la fête avec ses amis ou qu’il se payait de luxueux cadeaux. Je considérais cela comme une sorte de rémunération pour ses bons et loyaux services. Même de savoir que le forfait de son téléphone portable était prélevé sur ce même compte ne me choquait pas. Bon, c’est vrai, j’aurais peut être dû lui signaler que nous avions dépassé le découvert autorisé depuis longtemps ou lui murmurer de téléphoner un peu moins en attendant que je retrouve du travail.

Ah oui, parce depuis janvier, suite à la crise, j’ai perdu mon emploi et donc les rentrées d’argent sont devenues beaucoup moins importantes. Alors ce fut pâtes à l’eau à tous nos repas et habits de marque Emmaüs pour les enfants. Bien sûr, j’ai évité d’ennuyer mon bienfaiteur avec ce genre de problèmes mineurs, même lorsque mon banquier m’a téléphoné pour me suggérer de revendre ma maison, je ne lui ai rien dis. Une manière comme une autre de participer au projet. Il n’y a pas de grande victoire sans petits sacrifices. Du moins, c’est ce que je croyais encore récemment.

Car depuis une semaine, le doute sur l’honnêteté de ce grand projet me titille.

En discutant avec mon voisin, une espèce de gaucho-écolo-communiste, de l’avion que mon bienfaiteur voulait se payer prochainement, toujours avec mon compte en banque, j’ai appris que mon riche ami avait vidé les comptes bancaires de millions de français en employant les mêmes méthodes.

Alors j’ai bien tenté de le joindre par téléphone, de lui écrire des lettres, de parcourir à pieds les 400km qui me sépare de chez lui pour lui parler, mais sans succès. Il ne veut pas me voir. J’ai voulu exposer les faits à la police pour éventuellement porter plainte, mais les policiers se sont moqués de moi et m’ont envoyé un coup de Taser dans le dos.

Je ne sais pas plus vraiment quoi faire.
Ma femme me pousse à téléphoner à Julien Courbet pour passer à l’émission « Sans aucun doute ».
Pensez-vous que c’est une bonne idée ?

juin 9

Passons sur la bonne odeur de pot d’échappement qui se dégage des sponsors de luxe et autres qui s’entremêlent pour former le titre « Home ». Ecœurante et incongrue publicité. Passons aussi sur les relents de plastiques brulés que dégage le logo de la boite de production de Luc Besson, pro-chevalier de la loi HADOPI, qui aime intenter des procès aux journalistes qui critiquent négativement ces films, et qui fut condamné en 2001 pour ne pas avoir respecté la loi sur le littoral.

Intéressons-nous de plus prêt au film en lui-même.

Dès les premières secondes du film, ceux qui ne découvrent pas l’écologie un 5 juin 2009, se prennent 300 g de Co² dans chaque narine : « Home » a un fort air de déjà-vu avec d’autres films du même ordre.

Si les premières images et le discours nous rappellent « Un jour sur Terre », film récent de 2008, c’est bien plus la trilogie qatsi de Godfrey Reggio et Philip Glass qui nous vient tout de suite à l’esprit. D’ailleurs, certains passages de « HOME » sont carrément des copiés-collés, musicalement et visuellement parlant, de « Koyaanisqatsi », le premier film de la trilogie qatsi.
Sans toutefois arriver à la patte dépourvu de mazout de ce dernier bien entendu.

Car là où la trilogie choc, crée dans les années 70-80, laissait intelligemment le spectateur interpréter les images soutenues uniquement par la musique expressive de Phillip Glass, le film « Home » nous pollue d’un discours pédagogique infantilisant et continu.
On ne ressort pas des deux visionnages de la même manière.
L’un amène à réfléchir profondément et nous marque indélébilement, l’autre à voter écologiste 2 jours plus tard pour se donner bonne conscience.

Si le but de « Home » est noble, il est frustrant de voir qu’un film visionnaire et similaire a été réalisé il y 30 ans, et que l’impact, sur les élections entre autres, du film de Yann Arthus-Bertrand n’est dû qu’à un effet de masse télévisuelle plus qu’à une réel prise de conscience. Si les français avaient vraiment écouté ceux qui crient au loup depuis des années, cela ferait longtemps que la France aurait un gouvernement écologiste

Bref, la diffusion de « Koyaanisqatsi », film introuvable en France, avec la même campagne marketing aurait été plus honorable et plus impactante.

D’ailleurs je cours le revoir.
Vite une bouffée d’air frais indépendante !

juin 2

A Goussainville, charmante petite ville du Val d’Oise de plus de 30 000 habitants, le mois de juin sera synonyme d’élections européennes mais aussi d’élections municipales.
Car ici, à deux pas de l’aéroport Roissy Charles de Gaulle, on aime voter.
Et parce que les goussainvillois ont un haut sens de l’éthique politique et de l’honnêté, ils aiment surtout réélire les mêmes élus qui, depuis 1983, se retrouvent régulièrement condamnés par la justice.

Rappel des faits.

Elisabeth Hermanville, maire de Goussainville durant 17 ans, qui a fini sans étiquette après avoir été exclue du RPR en 1993, était une abonnée régulière de la rubrique judiciaire des journaux. Outre son autoritarisme violent et légendaire, elle écopa de dix-huit mois d’emprisonnement avec sursis et à cinq ans d’inéligibilité en 1996 pour le cambriolage de la mairie et 10.000 euros d’amende et 1 an d’inéligibilité en 2006 pour prise illégale d’intérêts. Suite à cette dernière condamnation, qui l’obligea à quitter son poste, elle plaça illégalement, avec l’aide de hautes instances, son mari, Antoine Casula, à la tête de la mairie. Cette manœuvre fut condamnée par le conseil d’état qui obligea les goussainvillois à désigner une nouvelle équipe municipale via des élections partielles.
Et qui fut plébiscité par les habitants clairvoyant de Goussainville ?
Mr Antoine Casula.

Allez comprendre…
Et ce n’est pas fini !

Deux ans après ces faits, lors des élections municipales de 2008, les goussainvillois confirment leur choix, ils veulent et revotent Antoine Casula. Mais suite à des irrégularités de l‘équipe en place constatées durant la campagne, l’élection d’Antoine Casula est annulée par le conseil d’état. Les goussainvillois devront donc voter une nouvelle fois fin juin.

Le suspense concernant les résultats de ces prochaines élections est à son comble. Qui se fera réélire ? Antoine Casula ou Casula Antoine ?

C’est incroyable que certains électeurs, qui conspueraient leur propre voisin s’il venait à être condamnée en justice pour un vol de pomme, trouvent parfaitement normal de laisser la gestion d’une ville à des élus complètement corrompus. Quand la réalité dépasse la fiction… la république se meure.

Avis donc aux hommes et femmes politiques, sachez que Goussainville est un refuge idéal si votre casier judiciaire est bien rempli. Mais dépêchez vous de déposer vos listes, il vous reste peu de temps.